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Les 4 dernières nouvelles

L’Université algérienne est-elle en Déliquescence ? Un difficile état des lieux (2e partie et fin)

Abordons les relations enseignants-étudiants si promptes à conflit, avec les étudiants percevant certains de leurs enseignants comme des monstres de susceptibilité et prêts à se venger. Ceci est largement inexact. Mais évoquons une pratique abusive chez nous que sont ces notes abyssalement basses décernées à des classes entières d’étudiants, surtout en tronc commun.

On a l’habitude d’évaluer la performance des étudiants par des notes. Je vais ici inverser le processus et noter les enseignants par le taux de réussite dans les matières qu’ils enseignent (taux d’échec élevé : incapacité de l’enseignant à accomplir sa mission). Voici une très personnelle grille de lecture des performances des enseignants :

– 70% de réussite : l’enseignant peut mieux faire

– 50% de réussite : l’enseignant est un échec

– 25% de réussite : l’enseignant est un échec absolu

– 00% de réussite (ou zéro collectif) : l’enseignant est une catastrophe et un danger public : le larguer d’urgence.

Quand est-ce qu’une université devient-elle nationale ?

Abordons le clivant problème de la langue d’enseignement des sciences à l’Université. Comment comprendre que presque soixante ans après l’indépendance, la question linguistique est devenue inextricable avec une division schizophrénique entre l’éducation nationale et l’université(1) et une rupture brutale entre le secondaire et le supérieur et son taux d’échec phénoménal en première année. Plus fondamentalement, comment une université peut-elle être nationale quand elle n’enseigne pas dans sa langue nationale ?

Pire encore, non seulement l’université algérienne n’a pas parachevé son projet national et notamment en faisant la jonction avec l’enseignement des paliers précédents, mais elle est devenue tributaire d’une langue en état d’obsolescence pour les sciences.

Mes collègues ont vécu dans leur chair cette dépendance handicapante à la langue française qui ne leur permettait pas de participer à des conférences internationales si ce n’est qu’avec un modeste poster, et ce au vu de leur incapacité de s’exprimer et de communiquer en anglais. Pourtant la communauté scientifique française à tranché depuis belle lurette et à toutes les conférences scientifiques exclusivement en anglais, de même que toutes ses revues scientifiques, même celles de leur prestigieuse Académie des sciences. Notons un fait vite oublié est que l’arabisation des filières du premier cycle universitaire était arrivée en voie d’être parachevée.

Le regretté Djilali Liabès dressait l’état des lieux en fin 1991(2) : «Je crois qu’il faut parler le langage de la vérité. L’arabisation de la 1re année de S & T est prise en charge depuis trois ans. J’ai visité des universités ou le tronc commun est entièrement arabisé. L’USTO songe à arabiser la 3e année et les spécialités. Les universités de l’Est enseignent en langue arabe depuis 3 à 4 ans. L’effort doit donc porter sur les universités qui n’ont pas intégralement arabisé la première année…»

Mentionnons aussi que, contrairement à l’arabisation des différents paliers d’enseignement qui s’est faite à la fin des années 1960 et durant les années 1970 en recourant à la coopération technique et un corps de coopérants assez hétéroclite venant de pays arabes, cette arabisation était le fait de cadres nationaux et donc bien moins «traumatisante».

En fait, l’arabisation des sciences aurait pu être vue comme une opération technique à même de réconcilier les Algériens avec leur langue et d’améliorer la cohésion nationale comme l’ont fait tous les autres pays au monde, au lieu d’antagoniser et de polariser la situation linguistique sur des considérations idéologiques.

En résumé, une université nationale est celle qui a une authenticité et un génie propre qui lui permet d’être au diapason avec les préoccupations et ambitions de la nation. Elle doit être capable de mobiliser la communauté des chercheurs autour de buts nationaux et pour cela, elle a besoin d’une cohésion et d’un esprit de corps sans faille.

Malheureusement, hormis au niveau des slogans, l’université algérienne ne s’est jamais insérée dans un projet véritablement national et à part quelques zones brillantes, elle a largement échoué à se mettre au service tant du développement économique que de la société.

Ainsi, notre industrie est totalement déconnectée de l’université et dépend largement de l’expertise étrangère et de projets clés en main. En fait, l’université est trop souvent un simple palier ou des foules d’étudiants passent un certain nombre d’années avant de se jeter dans la vie active, ou souvent fonder un foyer diplôme en main.

Quelles réformes pour l’université algérienne ?

Quelles recommandations pourrais-je apporter, riche de quelque 30 années comme enseignant, mais pauvre d’autant d’années de non-proximité avec sa gestion, n’ayant jamais exercé de charge administrative ni syndicale ni autres ? Je commencerai par un interlude, puis je proposerai quelques pistes.

La malédiction des postes de responsabilité

Pourquoi trop de nos responsables sont-ils hautains et méprisants ? Parce qu’ils se sont tant et si bien incrustés à leurs fonctions qu’ils sont devenus intouchables. Même le meilleur des gestionnaires mis dans une situation d’autorité et d’inamovibilité va vite dériver vers l’autoritarisme. Des clans vont se constituer et des situations de dépendance mutuelle, de services réciproques et de renvoi d’ascenseur vont s’établir.

Rester à son poste va aussi être pour certains le meilleur moyen de ne pas se faire rattraper par des casseroles qu’ils traînent et qui éclateraient au grand jour si d’autres occupaient leurs postes. Or, une bonne gestion implique une mobilité de personnes aux postes de responsabilité.

Ainsi, on voudrait voir des enseignants devenir administrateurs, pour ensuite revenir, après un certain nombre d’années, à leurs postes d’origine, pas un recyclage de responsables entre facultés, vice-directions et directions. Un administrateur ne devrait jamais être un métier pour un universitaire, et une situation où un recteur le devient à vie est une aberration. Pourquoi cette règle de bon sens et de bonne gouvernance appliquée partout dans le monde ne l’est pas chez nous ?

Autonomie de l’Université et transparence de la gestion

La clé du succès des instituts de recherche de par le monde réside en leur mode de gestion autonome qui leur permet de prendre rapidement des décisions. Embaucher des spécialistes est une nécessité vitale pour rester à la pointe de l’innovation. Or, notre capacité à embaucher est quasiment nulle, et quand bien même aurions-nous des candidats, la Fonction publique est là avec ses critères sociaux absurdes.

Avec la libération de l’emploi, vient la libération des salaires, car personne ne viendrait exercer pour un salaire de misère, même pas les Algériens de la diaspora les mieux disposés. Seule l’autonomie pourrait permettre de proposer des salaires «hors grille».

Avec l’autonomie vient la transparence de la gestion. L’autonomie ne veut pas dire dépenser comme on veut, ou laisser le pouvoir de décision à des roitelets de recteurs installés à vie, mais implique une gestion rigoureuse avec un suivi d’enfer de la part de commissions avec audits sans complaisance.

Je me permets de narrer ici ma propre expérience ou responsable de l’Ecole doctorale d’astrophysique, je n’ai jamais pu savoir le budget qui y était alloué par le ministère en ce qui nécessitait l’autorisation préalable du recteur. A la question de savoir comment une opération particulière était compatible avec le budget alloué, la réponse du comptable fusa dans toute son absurdité : «Faites une demande chiffrée et on vous informera».

Les fonds des Ecoles doctorales sont une sorte de super cagnotte à consommer en fin d’exercice fiscal, sans contrôle, pour des projets de collègues dans leurs bonnes grâces. Ces budgets sont à consommer dans leur intégralité, car tout budget non consommé subira à l’avenir une coupe brutale de la tutelle. Cette gestion impériale, centralisée et opaque fait perdre à notre pays des sommes faramineuses.

Pôles d’excellence, éclipse de l’administration et conflit inter-générationnel

Notre université, malgré ses problèmes et son manque de compétitivité globale, a su développer des pôles d’excellence dans différents domaines qu’il s’agirait d’encourager et de faire fructifier.

Il s’agirait aussi de mettre à la tête de nos départements et de nos Labos ceux qui ont des idées et surtout favoriser les plus jeunes. Je ne peux que citer ici ce qu’avait déclaré le fameux physicien nucléaire Amos de-Shalit et ancien directeur de la Weizmann Institute of Science en Israël, lorsqu’il fut interrogé par un expert de l’ONU sur leur politique scientifique : «Nous avons une stratégie très simple pour le développement de la science. Un scientifique qui produit a toujours raison et plus il est jeune, plus il a raison.»

Dans la même veine, il est impératif de placer l’enseignant chercheur au cœur de l’entreprise de production du savoir et d’éloigner le plus possible l’administration du processus de décision, les concernés étant toujours en meilleure position pour prendre les décisions optimales concernant leurs activités. Citant de nouveau Amos
de-Shalit : 
«Un projet scientifique dynamique doit être géré par des scientifiques en activité et non par des bureaucrates ou des scientifiques qui ont pu être actifs dans le passé, mais qui se sont depuis ossifiés.»

En quête d’un souffle nouveau

L’Université algérienne, au-delà de toutes les zones d’ombre et points forts, a besoin d’un souffle nouveau. Or l’état d’abattement de beaucoup d’enseignants et l’atmosphère délétère qui y règne ne permettent pas d’envisager cela.

Seuls un État responsable basé sur un consensus fort, un contrat de confiance avec la communauté universitaire, et un projet de société bien mûri seraient à même d’insuffler à cette université cet élan vital pour entreprendre des réformes radicales et douloureuses nécessaires pour sa survie, et à même de faire jonction avec les institutions performantes de par le monde.

Elle possède pour cela des ressources humaines de haut niveau présents tant sur son sol qu’au niveau de la diaspora que peu de pays dans la région ne disposent, mais qu’une politique de navigation à vue n’a su mobiliser.

Source : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/un-difficile-etat-des-lieux-2e-partie-et-fin-17-07-2019

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L’Université algérienne est-elle en Déliquescence ? Un difficile état des lieux (2e partie et fin)

Abordons les relations enseignants-étudiants si promptes à conflit, avec les étudiants percevant certains de leurs enseignants comme des monstres de susceptibilité et prêts à se venger. Ceci est largement inexact. Mais évoquons une pratique abusive chez nous que sont ces notes abyssalement basses décernées à des classes entières d’étudiants, surtout en tronc commun.

On a l’habitude d’évaluer la performance des étudiants par des notes. Je vais ici inverser le processus et noter les enseignants par le taux de réussite dans les matières qu’ils enseignent (taux d’échec élevé : incapacité de l’enseignant à accomplir sa mission). Voici une très personnelle grille de lecture des performances des enseignants :

– 70% de réussite : l’enseignant peut mieux faire

– 50% de réussite : l’enseignant est un échec

– 25% de réussite : l’enseignant est un échec absolu

– 00% de réussite (ou zéro collectif) : l’enseignant est une catastrophe et un danger public : le larguer d’urgence.

Quand est-ce qu’une université devient-elle nationale ?

Abordons le clivant problème de la langue d’enseignement des sciences à l’Université. Comment comprendre que presque soixante ans après l’indépendance, la question linguistique est devenue inextricable avec une division schizophrénique entre l’éducation nationale et l’université(1) et une rupture brutale entre le secondaire et le supérieur et son taux d’échec phénoménal en première année. Plus fondamentalement, comment une université peut-elle être nationale quand elle n’enseigne pas dans sa langue nationale ?

Pire encore, non seulement l’université algérienne n’a pas parachevé son projet national et notamment en faisant la jonction avec l’enseignement des paliers précédents, mais elle est devenue tributaire d’une langue en état d’obsolescence pour les sciences.

Mes collègues ont vécu dans leur chair cette dépendance handicapante à la langue française qui ne leur permettait pas de participer à des conférences internationales si ce n’est qu’avec un modeste poster, et ce au vu de leur incapacité de s’exprimer et de communiquer en anglais. Pourtant la communauté scientifique française à tranché depuis belle lurette et à toutes les conférences scientifiques exclusivement en anglais, de même que toutes ses revues scientifiques, même celles de leur prestigieuse Académie des sciences. Notons un fait vite oublié est que l’arabisation des filières du premier cycle universitaire était arrivée en voie d’être parachevée.

Le regretté Djilali Liabès dressait l’état des lieux en fin 1991(2) : «Je crois qu’il faut parler le langage de la vérité. L’arabisation de la 1re année de S & T est prise en charge depuis trois ans. J’ai visité des universités ou le tronc commun est entièrement arabisé. L’USTO songe à arabiser la 3e année et les spécialités. Les universités de l’Est enseignent en langue arabe depuis 3 à 4 ans. L’effort doit donc porter sur les universités qui n’ont pas intégralement arabisé la première année…»

Mentionnons aussi que, contrairement à l’arabisation des différents paliers d’enseignement qui s’est faite à la fin des années 1960 et durant les années 1970 en recourant à la coopération technique et un corps de coopérants assez hétéroclite venant de pays arabes, cette arabisation était le fait de cadres nationaux et donc bien moins «traumatisante».

En fait, l’arabisation des sciences aurait pu être vue comme une opération technique à même de réconcilier les Algériens avec leur langue et d’améliorer la cohésion nationale comme l’ont fait tous les autres pays au monde, au lieu d’antagoniser et de polariser la situation linguistique sur des considérations idéologiques.

En résumé, une université nationale est celle qui a une authenticité et un génie propre qui lui permet d’être au diapason avec les préoccupations et ambitions de la nation. Elle doit être capable de mobiliser la communauté des chercheurs autour de buts nationaux et pour cela, elle a besoin d’une cohésion et d’un esprit de corps sans faille.

Malheureusement, hormis au niveau des slogans, l’université algérienne ne s’est jamais insérée dans un projet véritablement national et à part quelques zones brillantes, elle a largement échoué à se mettre au service tant du développement économique que de la société.

Ainsi, notre industrie est totalement déconnectée de l’université et dépend largement de l’expertise étrangère et de projets clés en main. En fait, l’université est trop souvent un simple palier ou des foules d’étudiants passent un certain nombre d’années avant de se jeter dans la vie active, ou souvent fonder un foyer diplôme en main.

Quelles réformes pour l’université algérienne ?

Quelles recommandations pourrais-je apporter, riche de quelque 30 années comme enseignant, mais pauvre d’autant d’années de non-proximité avec sa gestion, n’ayant jamais exercé de charge administrative ni syndicale ni autres ? Je commencerai par un interlude, puis je proposerai quelques pistes.

La malédiction des postes de responsabilité

Pourquoi trop de nos responsables sont-ils hautains et méprisants ? Parce qu’ils se sont tant et si bien incrustés à leurs fonctions qu’ils sont devenus intouchables. Même le meilleur des gestionnaires mis dans une situation d’autorité et d’inamovibilité va vite dériver vers l’autoritarisme. Des clans vont se constituer et des situations de dépendance mutuelle, de services réciproques et de renvoi d’ascenseur vont s’établir.

Rester à son poste va aussi être pour certains le meilleur moyen de ne pas se faire rattraper par des casseroles qu’ils traînent et qui éclateraient au grand jour si d’autres occupaient leurs postes. Or, une bonne gestion implique une mobilité de personnes aux postes de responsabilité.

Ainsi, on voudrait voir des enseignants devenir administrateurs, pour ensuite revenir, après un certain nombre d’années, à leurs postes d’origine, pas un recyclage de responsables entre facultés, vice-directions et directions. Un administrateur ne devrait jamais être un métier pour un universitaire, et une situation où un recteur le devient à vie est une aberration. Pourquoi cette règle de bon sens et de bonne gouvernance appliquée partout dans le monde ne l’est pas chez nous ?

Autonomie de l’Université et transparence de la gestion

La clé du succès des instituts de recherche de par le monde réside en leur mode de gestion autonome qui leur permet de prendre rapidement des décisions. Embaucher des spécialistes est une nécessité vitale pour rester à la pointe de l’innovation. Or, notre capacité à embaucher est quasiment nulle, et quand bien même aurions-nous des candidats, la Fonction publique est là avec ses critères sociaux absurdes.

Avec la libération de l’emploi, vient la libération des salaires, car personne ne viendrait exercer pour un salaire de misère, même pas les Algériens de la diaspora les mieux disposés. Seule l’autonomie pourrait permettre de proposer des salaires «hors grille».

Avec l’autonomie vient la transparence de la gestion. L’autonomie ne veut pas dire dépenser comme on veut, ou laisser le pouvoir de décision à des roitelets de recteurs installés à vie, mais implique une gestion rigoureuse avec un suivi d’enfer de la part de commissions avec audits sans complaisance.

Je me permets de narrer ici ma propre expérience ou responsable de l’Ecole doctorale d’astrophysique, je n’ai jamais pu savoir le budget qui y était alloué par le ministère en ce qui nécessitait l’autorisation préalable du recteur. A la question de savoir comment une opération particulière était compatible avec le budget alloué, la réponse du comptable fusa dans toute son absurdité : «Faites une demande chiffrée et on vous informera».

Les fonds des Ecoles doctorales sont une sorte de super cagnotte à consommer en fin d’exercice fiscal, sans contrôle, pour des projets de collègues dans leurs bonnes grâces. Ces budgets sont à consommer dans leur intégralité, car tout budget non consommé subira à l’avenir une coupe brutale de la tutelle. Cette gestion impériale, centralisée et opaque fait perdre à notre pays des sommes faramineuses.

Pôles d’excellence, éclipse de l’administration et conflit inter-générationnel

Notre université, malgré ses problèmes et son manque de compétitivité globale, a su développer des pôles d’excellence dans différents domaines qu’il s’agirait d’encourager et de faire fructifier.

Il s’agirait aussi de mettre à la tête de nos départements et de nos Labos ceux qui ont des idées et surtout favoriser les plus jeunes. Je ne peux que citer ici ce qu’avait déclaré le fameux physicien nucléaire Amos de-Shalit et ancien directeur de la Weizmann Institute of Science en Israël, lorsqu’il fut interrogé par un expert de l’ONU sur leur politique scientifique : «Nous avons une stratégie très simple pour le développement de la science. Un scientifique qui produit a toujours raison et plus il est jeune, plus il a raison.»

Dans la même veine, il est impératif de placer l’enseignant chercheur au cœur de l’entreprise de production du savoir et d’éloigner le plus possible l’administration du processus de décision, les concernés étant toujours en meilleure position pour prendre les décisions optimales concernant leurs activités. Citant de nouveau Amos
de-Shalit : 
«Un projet scientifique dynamique doit être géré par des scientifiques en activité et non par des bureaucrates ou des scientifiques qui ont pu être actifs dans le passé, mais qui se sont depuis ossifiés.»

En quête d’un souffle nouveau

L’Université algérienne, au-delà de toutes les zones d’ombre et points forts, a besoin d’un souffle nouveau. Or l’état d’abattement de beaucoup d’enseignants et l’atmosphère délétère qui y règne ne permettent pas d’envisager cela.

Seuls un État responsable basé sur un consensus fort, un contrat de confiance avec la communauté universitaire, et un projet de société bien mûri seraient à même d’insuffler à cette université cet élan vital pour entreprendre des réformes radicales et douloureuses nécessaires pour sa survie, et à même de faire jonction avec les institutions performantes de par le monde.

Elle possède pour cela des ressources humaines de haut niveau présents tant sur son sol qu’au niveau de la diaspora que peu de pays dans la région ne disposent, mais qu’une politique de navigation à vue n’a su mobiliser.

Source : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/un-difficile-etat-des-lieux-2e-partie-et-fin-17-07-2019

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L’Université algérienne est-elle en Déliquescence ? Un difficile état des lieux (1re partie)

1. Evaluer l’université algérienne : une gageure

Il n’est nullement dans mon intention de tenter de dresser un bilan complet de l’université algérienne. Je reconnais même d’emblée être assez mal équipé pour pouvoir le faire.

D’ailleurs, un enseignant appartenant à cette université depuis plus de trois décades pourrait-il être un observateur impartial ? On pourrait alors me tacler sur la pertinence pour moi d’aborder le sujet ! Et bien, tout modestement, mon but pourrait être de déblayer le terrain en apportant une contribution critique et des pistes d’action…

En fait, ma réponse a été aiguisée par celle d’un collègue syndicaliste, qui en avait brossé un bilan des plus funestes(1), au point qu’on aurait pu s’étonner que cette université si égrotante n’ait pas déjà été enterrée, d’un côté.

D’un autre, les bilans présentés par les services concernés du MES, qui souvent se limitent à des statistiques, sont trop triomphalistes pour permettre une évaluation objective. En fait, ni rengaine anti-système ni bilan dithyrambique de bureaucrates zélés, ne sauraient se substituer à une analyse sereine et impartiale(2).

Je reconnais qu’un jugement comparatif des performances de notre université avec celles des autres universités de par le monde serait catastrophique au vu du nombre d’indicateurs dans le rouge chez nous, mais cela serait ô combien injuste.

J’assumerais que ses performances doivent être jugées à l’aune des missions qui lui ont été imparties, des contraintes auxquelles elle a fait face et aussi de sa résilience et de sa capacité à se réformer. Porter des jugements définitifs et à l’emporte-pièce sur sa perdition irrémédiable est inconvenant et ne mène à rien.

L’optimiste impénitent en moi, et au vu des ressources humaines et points forts que notre université recèle encore, pense que notre université peut sortir de sa médiocrité actuelle et rebondir pour devenir performante, si des mesures énergiques de redressement sont prises, malgré l’énorme passif qu’elle traîne comme un boulet.

Les deux missions de base de l’université sont la formation et la recherche. L’enseignant est au cœur de ces deux processus, tandis que l’étudiant est récepteur et marginalement participant.

Nous passerons tout d’abord en revue de manière critique chaque composante, avant de parler des pratiques qui fragilisent l’université algérienne, et de conclure par une série de recommandations. Nous commencerons, à tout seigneur tout honneur, par les enseignants.

2- Le corps enseignant, la cheville ouvrière de l’université

Enonçons d’emblée un fait assez évident, l’enseignant est le cœur vibrant de l’université et son âme. Contrairement à d’autres entreprises économiques ou industrielles, où le capital est les buildings ou les machines ou les investissements de manière générale, ici le capital est essentiellement l’humain.

C’est bien lui qui façonne le produit final qu’il forme, mal forme ou encore déforme. Au vu de ce prodigieux réservoir de compétences qu’il constitue, la stratégie de toute université qui se respecte serait donc en toute circonstance de mettre le corps enseignant en exergue et au cœur des missions de l’université.

Par contre, l’administration, omniprésente et souvent omnipotente, devrait s’effacer pour se mettre au service de la communauté universitaire et ne devrait pas s’accaparer la charge de représenter l’université dans les médias, ce qui amène à fausser l’image de l’université. Il est aussi manifeste que toute tentative de déstabiliser le corps enseignant en le brimant ou en le marginalisant est attentatoire au bon fonctionnement de l’université elle même3.

Des carrières mal gérées et des effectifs pléthoriques

Si l’université s’adosse à ses enseignants pour sa raison d’être, il est fondamental de prendre soin de cette composante vitale et de s’atteler à constamment la valoriser et lui permettre de s’épanouir. La grande tragédie de l’université algérienne est la mauvaise gestion de son potentiel humain.

A part un certain nombre qui ont une carrière lumineuse, la majorité, hélas, n’ont pu se «bootstrapper» et sont restés dans le minimum possible. Ils enseignent depuis des décennies, mais ne sont pas performants académiquement. Ni l’administration ni les différents conseils scientifiques n’ont su leur tracer un plan de carrière pour les faire progresser et sortir de leur état de tassement professionnel.

Ajoutons le cas de ces centaines d’enseignants recrutés trop vite et qui ne progressent pas dans leur carrière, certains jusqu’à une certaine époque restaient inscrits «à vie» au doctorat. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs pris leur retraite en tant que maîtres-assistants ou moins, sans n’avoir jamais rédigé une seule publication scientifique ou encadré des étudiants.

De cette réalité découle une autre tare, la non-optimisation des effectifs enseignants. Prenons un exemple parmi d’autres, mon propre département de physique, avec ses quelque 150 enseignants, les deux tiers de rang magistral, dont la moitié avec le titre de professeur.

D’ailleurs, il a plus d’enseignants que d’étudiants de physique ! Pourtant cela n’empêche pas une bonne partie des étudiants de se sentir abandonnée.

L’enseignant trop souvent effectue sa charge horaire et déguerpit pour ne plus être revu souvent jusqu’à l’examen. Le gâchis de ressources humaines apparaît de manière criante quand on réalise qu’une bonne partie de la charge horaire de ces enseignants de rang magistral consiste en fait à assurer des TD et des TP, ce qui ne devrait jamais être le cas.

Or, ces quarante enseignants de rang de professeur devraient constituer une prodigieuse force de frappe, où idéalement, chacun devrait être un pôle où gravitent doctorants, jeunes chercheurs et vacataires. Il y a des départements de physique dans des «Colleges»(4) aux Etats- Unis qui tournent avec un seul professeur de physique et son équipe, et qui sont en charge de tous les modules de physique du «College».

En résumé, non seulement il n’y a pas de vie scientifique conséquente, mais en plus, l’enseignement se réduit à la portion congrue, avec en plus pas d’«heures de bureau» qui font pourtant partie de la charge d’enseignement des enseignants de rang magistral, ni même de tutorat qui, pourtant, est le point fort du système LMD.

Quant à nos bibliothèques, elles sont devenues des dépôts de vieux ouvrages et de revues scientifiques, dont l’abonnement s’est arrêté depuis des décennies.

Notons aussi qu’une université sans maîtres à penser, sans chercheurs émérites, sans modèle propre de recherche et sans traditions, est stérile académiquement et mérite difficilement d’être appelée comme telle.

Les conséquences incommensurables de la fuite des cerveaux

La fuite des cerveaux est évoquée, mais trop souvent comme une simple fatalité à mettre au chapitre pertes et profits, qui priverait quelque peu l’université algérienne d’une partie de son potentiel, se focalisant souvent sur son coût pour l’Etat. On parle de ces milliers d’Algériens brillants formés à l’étranger dans les années 1970, 80 et 90 pour ne plus jamais revenir.

Ajoutez à cela, comme une saignée perpétuelle, ces vagues de cadres et universitaires qui migrent vers des horizons plus rétributeurs et où leur compétence est mieux mise à profit. En fait, la perte qu’ils représentent pour l’université algérienne est incommensurable, car la compétence et la performance sont un multiplicateur de plus-value, quoique difficilement quantifiable.

Ces générations d’étudiants qui ont poursuivi leurs études à l’étranger et ne sont jamais revenus sont pour la plupart la crème de leurs promotions. Ils ont fait perdre à l’université algérienne son suc, sa substance vitale. La faiblesse endémique de notre université est en grande partie à imputer à cet écrémage.

Ceux qui se sont formés localement, ou même ceux qui sont revenus trop vite et qui opèrent dans des «man’s land scientifiques» que sont la plupart de nos départements hélas, ne peuvent être comparés à ceux qui sont devenus de véritables machines à publier et à inventer, parce qu’évoluant dans un environnement compétitif intense, qui leur a permis de décupler leurs capacités propres.

Citons comme simple exemple le cas d’un collègue qui enseignait à un moment donné dans une université algérienne en régime de «rendement minimal» et qui se trouve depuis deux décennies dans une université à l’étranger où il est à la fois chef de département, enseignant, responsable d’un centre de recherche, éditeur d’une revue scientifique, conseiller académique du recteur…

3- Les étudiants, le maillon faible

Les étudiants sont le deuxième terme du diptyque. C’est la raison d’être majeure de l’université : former des diplômés compétents à même de s’insérer sur le marché du travail et de poursuivre une carrière réussie.

Notons cette incongruité que facilement 80% des diplômés n’exerceront pas dans le domaine lié à leurs études, vu l’inadéquation tragique entre les profils de formation et le marché du travail, surtout pour les profits scientifiques.

Bien sûr, la qualité de la formation dépend directement de la compétence des enseignants qui, globalement parlant, laisse à désirer pour les raisons explicitées plus haut. Il n’est donc pas étonnant que la qualité des diplômes elle aussi laisse à désirer.

Mais précisons que quand bien même une bonne partie du corps enseignant n’a pas l’excellence désirée, il y en a par contre un nombre appréciable fortement doué, ce qui compense en partie la faiblesse générale. Puis il y a aussi une minorité d’étudiants qui s’en sortent très bien et qui, une fois ayant complété leurs études en Algérie, sont admis haut la main dans des programmes internationaux compétitifs.

Qui blâmer pour le bas niveau des étudiants en général. Les enseignants pointeront du doigt le niveau avec lequel les étudiants arrivent à l’université. Je blâmerais plutôt l’enseignant, sa mission est de motiver, combler ses lacunes et de former. Or, les enseignants se plaignent du niveau, mais font bien peu pour y remédier.

Ils auraient un programme à finir ! Bien sûr, l’administration avec certaines de ses pratiques déplorables et l’environnement général ou «système» est aussi pour quelque chose.

Source : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/un-difficile-etat-des-lieux-1re-partie-10-07-2019

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L’Université algérienne est-elle en Déliquescence ? Un difficile état des lieux (1re partie)

1. Evaluer l’université algérienne : une gageure

Il n’est nullement dans mon intention de tenter de dresser un bilan complet de l’université algérienne. Je reconnais même d’emblée être assez mal équipé pour pouvoir le faire.

D’ailleurs, un enseignant appartenant à cette université depuis plus de trois décades pourrait-il être un observateur impartial ? On pourrait alors me tacler sur la pertinence pour moi d’aborder le sujet ! Et bien, tout modestement, mon but pourrait être de déblayer le terrain en apportant une contribution critique et des pistes d’action…

En fait, ma réponse a été aiguisée par celle d’un collègue syndicaliste, qui en avait brossé un bilan des plus funestes(1), au point qu’on aurait pu s’étonner que cette université si égrotante n’ait pas déjà été enterrée, d’un côté.

D’un autre, les bilans présentés par les services concernés du MES, qui souvent se limitent à des statistiques, sont trop triomphalistes pour permettre une évaluation objective. En fait, ni rengaine anti-système ni bilan dithyrambique de bureaucrates zélés, ne sauraient se substituer à une analyse sereine et impartiale(2).

Je reconnais qu’un jugement comparatif des performances de notre université avec celles des autres universités de par le monde serait catastrophique au vu du nombre d’indicateurs dans le rouge chez nous, mais cela serait ô combien injuste.

J’assumerais que ses performances doivent être jugées à l’aune des missions qui lui ont été imparties, des contraintes auxquelles elle a fait face et aussi de sa résilience et de sa capacité à se réformer. Porter des jugements définitifs et à l’emporte-pièce sur sa perdition irrémédiable est inconvenant et ne mène à rien.

L’optimiste impénitent en moi, et au vu des ressources humaines et points forts que notre université recèle encore, pense que notre université peut sortir de sa médiocrité actuelle et rebondir pour devenir performante, si des mesures énergiques de redressement sont prises, malgré l’énorme passif qu’elle traîne comme un boulet.

Les deux missions de base de l’université sont la formation et la recherche. L’enseignant est au cœur de ces deux processus, tandis que l’étudiant est récepteur et marginalement participant.

Nous passerons tout d’abord en revue de manière critique chaque composante, avant de parler des pratiques qui fragilisent l’université algérienne, et de conclure par une série de recommandations. Nous commencerons, à tout seigneur tout honneur, par les enseignants.

2- Le corps enseignant, la cheville ouvrière de l’université

Enonçons d’emblée un fait assez évident, l’enseignant est le cœur vibrant de l’université et son âme. Contrairement à d’autres entreprises économiques ou industrielles, où le capital est les buildings ou les machines ou les investissements de manière générale, ici le capital est essentiellement l’humain.

C’est bien lui qui façonne le produit final qu’il forme, mal forme ou encore déforme. Au vu de ce prodigieux réservoir de compétences qu’il constitue, la stratégie de toute université qui se respecte serait donc en toute circonstance de mettre le corps enseignant en exergue et au cœur des missions de l’université.

Par contre, l’administration, omniprésente et souvent omnipotente, devrait s’effacer pour se mettre au service de la communauté universitaire et ne devrait pas s’accaparer la charge de représenter l’université dans les médias, ce qui amène à fausser l’image de l’université. Il est aussi manifeste que toute tentative de déstabiliser le corps enseignant en le brimant ou en le marginalisant est attentatoire au bon fonctionnement de l’université elle même3.

Des carrières mal gérées et des effectifs pléthoriques

Si l’université s’adosse à ses enseignants pour sa raison d’être, il est fondamental de prendre soin de cette composante vitale et de s’atteler à constamment la valoriser et lui permettre de s’épanouir. La grande tragédie de l’université algérienne est la mauvaise gestion de son potentiel humain.

A part un certain nombre qui ont une carrière lumineuse, la majorité, hélas, n’ont pu se «bootstrapper» et sont restés dans le minimum possible. Ils enseignent depuis des décennies, mais ne sont pas performants académiquement. Ni l’administration ni les différents conseils scientifiques n’ont su leur tracer un plan de carrière pour les faire progresser et sortir de leur état de tassement professionnel.

Ajoutons le cas de ces centaines d’enseignants recrutés trop vite et qui ne progressent pas dans leur carrière, certains jusqu’à une certaine époque restaient inscrits «à vie» au doctorat. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs pris leur retraite en tant que maîtres-assistants ou moins, sans n’avoir jamais rédigé une seule publication scientifique ou encadré des étudiants.

De cette réalité découle une autre tare, la non-optimisation des effectifs enseignants. Prenons un exemple parmi d’autres, mon propre département de physique, avec ses quelque 150 enseignants, les deux tiers de rang magistral, dont la moitié avec le titre de professeur.

D’ailleurs, il a plus d’enseignants que d’étudiants de physique ! Pourtant cela n’empêche pas une bonne partie des étudiants de se sentir abandonnée.

L’enseignant trop souvent effectue sa charge horaire et déguerpit pour ne plus être revu souvent jusqu’à l’examen. Le gâchis de ressources humaines apparaît de manière criante quand on réalise qu’une bonne partie de la charge horaire de ces enseignants de rang magistral consiste en fait à assurer des TD et des TP, ce qui ne devrait jamais être le cas.

Or, ces quarante enseignants de rang de professeur devraient constituer une prodigieuse force de frappe, où idéalement, chacun devrait être un pôle où gravitent doctorants, jeunes chercheurs et vacataires. Il y a des départements de physique dans des «Colleges»(4) aux Etats- Unis qui tournent avec un seul professeur de physique et son équipe, et qui sont en charge de tous les modules de physique du «College».

En résumé, non seulement il n’y a pas de vie scientifique conséquente, mais en plus, l’enseignement se réduit à la portion congrue, avec en plus pas d’«heures de bureau» qui font pourtant partie de la charge d’enseignement des enseignants de rang magistral, ni même de tutorat qui, pourtant, est le point fort du système LMD.

Quant à nos bibliothèques, elles sont devenues des dépôts de vieux ouvrages et de revues scientifiques, dont l’abonnement s’est arrêté depuis des décennies.

Notons aussi qu’une université sans maîtres à penser, sans chercheurs émérites, sans modèle propre de recherche et sans traditions, est stérile académiquement et mérite difficilement d’être appelée comme telle.

Les conséquences incommensurables de la fuite des cerveaux

La fuite des cerveaux est évoquée, mais trop souvent comme une simple fatalité à mettre au chapitre pertes et profits, qui priverait quelque peu l’université algérienne d’une partie de son potentiel, se focalisant souvent sur son coût pour l’Etat. On parle de ces milliers d’Algériens brillants formés à l’étranger dans les années 1970, 80 et 90 pour ne plus jamais revenir.

Ajoutez à cela, comme une saignée perpétuelle, ces vagues de cadres et universitaires qui migrent vers des horizons plus rétributeurs et où leur compétence est mieux mise à profit. En fait, la perte qu’ils représentent pour l’université algérienne est incommensurable, car la compétence et la performance sont un multiplicateur de plus-value, quoique difficilement quantifiable.

Ces générations d’étudiants qui ont poursuivi leurs études à l’étranger et ne sont jamais revenus sont pour la plupart la crème de leurs promotions. Ils ont fait perdre à l’université algérienne son suc, sa substance vitale. La faiblesse endémique de notre université est en grande partie à imputer à cet écrémage.

Ceux qui se sont formés localement, ou même ceux qui sont revenus trop vite et qui opèrent dans des «man’s land scientifiques» que sont la plupart de nos départements hélas, ne peuvent être comparés à ceux qui sont devenus de véritables machines à publier et à inventer, parce qu’évoluant dans un environnement compétitif intense, qui leur a permis de décupler leurs capacités propres.

Citons comme simple exemple le cas d’un collègue qui enseignait à un moment donné dans une université algérienne en régime de «rendement minimal» et qui se trouve depuis deux décennies dans une université à l’étranger où il est à la fois chef de département, enseignant, responsable d’un centre de recherche, éditeur d’une revue scientifique, conseiller académique du recteur…

3- Les étudiants, le maillon faible

Les étudiants sont le deuxième terme du diptyque. C’est la raison d’être majeure de l’université : former des diplômés compétents à même de s’insérer sur le marché du travail et de poursuivre une carrière réussie.

Notons cette incongruité que facilement 80% des diplômés n’exerceront pas dans le domaine lié à leurs études, vu l’inadéquation tragique entre les profils de formation et le marché du travail, surtout pour les profits scientifiques.

Bien sûr, la qualité de la formation dépend directement de la compétence des enseignants qui, globalement parlant, laisse à désirer pour les raisons explicitées plus haut. Il n’est donc pas étonnant que la qualité des diplômes elle aussi laisse à désirer.

Mais précisons que quand bien même une bonne partie du corps enseignant n’a pas l’excellence désirée, il y en a par contre un nombre appréciable fortement doué, ce qui compense en partie la faiblesse générale. Puis il y a aussi une minorité d’étudiants qui s’en sortent très bien et qui, une fois ayant complété leurs études en Algérie, sont admis haut la main dans des programmes internationaux compétitifs.

Qui blâmer pour le bas niveau des étudiants en général. Les enseignants pointeront du doigt le niveau avec lequel les étudiants arrivent à l’université. Je blâmerais plutôt l’enseignant, sa mission est de motiver, combler ses lacunes et de former. Or, les enseignants se plaignent du niveau, mais font bien peu pour y remédier.

Ils auraient un programme à finir ! Bien sûr, l’administration avec certaines de ses pratiques déplorables et l’environnement général ou «système» est aussi pour quelque chose.

Source : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/etudiant/un-difficile-etat-des-lieux-1re-partie-10-07-2019

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Top 25% authors in Algeria, all publications years as of May 2020 

For Algeria, there are 42 authors affiliated with 11 institutions. All institutions in this region.

Rank W.Rank Author Score
1 [2] Mohamed Benbouziane

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen, Tlemcen

2.15
2 [1] Mohamed Chikhi

Laboratoire des Applications Quantitatives en Sciences Économiques et Financières (LAQSEF), Université d'Ouargla, Ouargla

3.14
3 [5] Nacer-Eddine Hammouda

Centre de Recherche en Économie Appliqué pour le Développement (CREAD), Alger

4.21
4 [6] Moundir Lassassi

Centre de Recherche en Économie Appliqué pour le Développement (CREAD), Alger

4.22
5 [3] Ali Bendob

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen, Tlemcen
Institut des Sciences Économiques, Commercials et des Sciences de Gestion, Centre Universitaire Belhadj Bouchaib, Ain Témouchent

5.57
6 [4] Kamel Malik Bensafta

Laboratoire d'Économie d'Orléans (LEO), Faculté de droit, d'économie et de gestion, Université d'Orléans, Orléans, France

6.47
7 [9] Samir Baha-Eddine Maliki

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen, Tlemcen

6.79
8 [10] Rafik Bouklia-Hassane

7.11
9 [12] Brahim Haddad

8.25
10 [8] Benzarour Choukri

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université d'Alger, Alger

8.5

We do our best, but we cannot exclude errors.

Source : https://ideas.repec.org/top/top.algeria.html#authors

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1 [2] Mohamed Benbouziane

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen, Tlemcen

2.15
2 [1] Mohamed Chikhi

Laboratoire des Applications Quantitatives en Sciences Économiques et Financières (LAQSEF), Université d'Ouargla, Ouargla

3.14
3 [5] Nacer-Eddine Hammouda

Centre de Recherche en Économie Appliqué pour le Développement (CREAD), Alger

4.21
4 [6] Moundir Lassassi

Centre de Recherche en Économie Appliqué pour le Développement (CREAD), Alger

4.22
5 [3] Ali Bendob

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen, Tlemcen
Institut des Sciences Économiques, Commercials et des Sciences de Gestion, Centre Universitaire Belhadj Bouchaib, Ain Témouchent

5.57
6 [4] Kamel Malik Bensafta

Laboratoire d'Économie d'Orléans (LEO), Faculté de droit, d'économie et de gestion, Université d'Orléans, Orléans, France

6.47
7 [9] Samir Baha-Eddine Maliki

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen, Tlemcen

6.79
8 [10] Rafik Bouklia-Hassane

7.11
9 [12] Brahim Haddad

8.25
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Economic Institutions : Top Countries and States, as of May 2020

The rankings

Rank Country or State Score
1 United Kingdom 1.57
2 Massachusetts (United States) 1.79
3 California (United States) 3.39
4 Germany 3.83
5 France 5.96
6 District of Columbia (United States) 6.29
7 New York (United States) 6.33
8 Italy 7.69
9 Illinois (United States) 8.23
10 Canada 9.32
11 Spain 11.41
12 Australia 12.36
13 Netherlands 12.76
14 Switzerland 13.97
15 Pennsylvania (United States) 14.79
16 Sweden 18.4
17 New Jersey (United States) 18.71
18 Connecticut (United States) 19.3
19 Belgium 19.69
20 Michigan (United States) 21.52
21 Japan 21.76
22 Texas (United States) 22.53
23 China 25.72
24 North Carolina (United States) 26.86
25 Missouri (United States) 27.89
26 Maryland (United States) 28.72
27 Virginia (United States) 30.35
28 Israel 30.37
29 Norway 30.6
30 Austria 31.07
31 Minnesota (United States) 32.58
32 Denmark 33.56
33 Indiana (United States) 34.1
34 Georgia (United States) 34.5
35 Wisconsin (United States) 36.35
36 Portugal 36.83
37 Ohio (United States) 37.86
38 Rhode Island (United States) 40.39
39 New Hampshire (United States) 42.13
40 Ireland 42.44
41 New Zealand 43.94
42 Brazil 44.09
43 Greece 45.27
44 Florida (United States) 45.3
45 Turkey 46.22
46 India 46.67
47 Arizona (United States) 47.66
48 Russia 48.43
49 Singapore 48.85
50 Colombia 49.06
51 Chile 49.33
52 Tennessee (United States) 50.02
53 South Korea 51.1
54 Colorado (United States) 53.38
55 Washington (United States) 54.05
56 Hong Kong 54.87
57 Finland 55.83
58 Poland 57.07
59 Romania 57.61
60 Argentina 57.94
61 Czech Republic 60.56
62 Taiwan 62.2
63 South Africa 63.44
64 Iowa (United States) 65.16
65 Utah (United States) 65.75
66 Hungary 67.56
67 Oregon (United States) 67.57
68 South Carolina (United States) 67.99
69 Mexico 68.27
70 Malaysia 68.3
71 United Arab Emirates 69.2
72 Luxembourg 69.32
73 Kentucky (United States) 69.36
74 Alabama (United States) 74.42
75 Peru 76.92
76 Louisiana (United States) 77.12
77 Pakistan 78.49
78 Kansas (United States) 79.56
79 Philippines 80.72
80 Cyprus 81.15
81 Oklahoma (United States) 83.72
82 Hawaii (United States) 83.84
83 Delaware (United States) 85.56
84 Wyoming (United States) 88
85 Thailand 88.28
86 Vermont (United States) 88.95
87 Indonesia 91.26
88 Tunisia 91.91
89 Nebraska (United States) 92.1
90 Maine (United States) 93.19
91 Egypt 93.27
92 West Virginia (United States) 94.52
93 Uruguay 95.37
94 New Mexico (United States) 96.65
95 Nevada (United States) 98.12
96 Slovenia 99.68
97 Arkansas (United States) 99.88
98 Mississippi (United States) 101.02
99 Nigeria 101.95
100 Lebanon 103.45
101 Saudi Arabia 104.65
102 Bulgaria 105.85
103 Viet Nam 106.08
104 Bangladesh 106.35
105 Estonia 107.03
106 Slovakia 108
107 Ghana 108.68
108 North Dakota (United States) 112.4
109 Côte d'Ivoire 114.23
110 Iceland 115.12
111 Montana (United States) 116.13
112 Croatia 116.49
113 Costa Rica 116.51
114 Latvia 117.24
115 Cameroun 117.44
116 Alaska (United States) 117.84
117 Venezuela 118.54
118 Morocco 120.07
119 Iran 121.07
120 Lithuania 121.58
121 Ukraine 122.6
122 Qatar 126.52
123 Bolivia 127.48
124 Réunion 127.5
125 Northern Cyprus 128.14
126 Sri Lanka 129.4
127 Macao 130.58
128 Idaho (United States) 130.67
129 Kazakhstan 131.1
130 Barbados 132.19
131 Ecuador 133.22
132 Ethiopia 133.99
133 Kenya 134.74
134 North Macedonia 137.47
135 Mongolia 138.03
136 Kuwait 139.08
137 Azerbaijan 144.88
138 Fiji 144.89
139 Zambia 145.03
140 Georgia 145.8
141 Uzbekistan 149.49
142 Brunei 149.91
143 Bahrain 150.82
144 Serbia 151.19
144 Uganda 151.19
146 Aruba 151.74
147 Malta 151.76
148 South Dakota (United States) 151.95
149 Congo (Dem. Rep.) 152.58
150 Jamaica 152.96
151 Oman 155.16
152 Algeria 158.35
153 Albania 159.86
154 French Polynesia 160.17
155 Nepal 161.09
156 Aland 161.97
157 Tanzania 162.6
158 Guatemala 163.45
158 Sudan 163.45
160 Mozambique 165.12
161 Liechtenstein 165.5
162 Bosnia and Herzegovina 167.12
163 Martinique 170.1
164 Senegal 170.26
165 Palestinian Authority 171.11
166 Dominican Republic 172.66
167 Burkina Faso 173.82
168 Malawi 174.22
169 Trinidad and Tobago 174.95
170 Bermuda 175.45
171 Greenland 176.26
172 Cambodia 176.8
173 Monaco 177.18
174 Jordan 177.76
175 Belarus 178.26
176 Armenia 179.65
177 Rwanda 180.38
178 Papua New Guinea 185.01
179 Afghanistan 185.22
180 Puerto Rico 186.38
181 Guadeloupe 188.85
182 Botswana 189.03
183 Kosovo 189.25
184 Kyrgyzstan 189.37
185 Sierra Leone 189.57
185 Burundi 189.57
187 Mauritius 191.38
188 New Caledonia 191.77
189 Moldova 192.61
190 Haïti 193.35
191 Montenegro 195.28
192 Lesotho 195.33
193 Togo 196.34
194 Nicaragua 197.74
195 Swaziland 199.27
196 Zimbabwe 199.79
197 Libya 200.56
198 Benin 203.59
199 Niger 204.75
200 Paraguay 204.77
201 Central African Republic 205.89
202 Somalia 207.87
203 San Marino 209.16
204 Madagascar 209.22
205 Iraq 210.06
206 El Salvador 211.21
207 Laos 211.65
208 Guinea-Bissau 212.31
209 Cuba 213.21
210 Guyana 214.8
211 Djibouti 215.27
212 Syria 215.5
213 Tchad 215.53
214 Mali 215.57
215 Suriname 215.6
216 Gambia 216.21
217 Namibia 217.05
218 Comoros 218.34

The data presented here is experimental. It is based on a limited sample of the research output in Economics and Finance. Only material catalogued in RePEc is considered. For any citation based criterion, only works that could be parsed by the CitEc project are considered. For any ranking of people, only those registered with the RePEc Author Service can be taken into account. And for rankings of institutions, only those listed in EDIRC and claimed as affiliation by the respective, registered authors can be measured. Thus, this list is by no means based on a complete sample. You can help making this more comprehensive by encouraging more publications to be listed (instructions) and more authors to register (form). For more details on the various rankings that are available as well for documentation, follow this link.
Credits:

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Economic Institutions : Top Countries and States, as of May 2020

The rankings

Rank Country or State Score
1 United Kingdom 1.57
2 Massachusetts (United States) 1.79
3 California (United States) 3.39
4 Germany 3.83
5 France 5.96
6 District of Columbia (United States) 6.29
7 New York (United States) 6.33
8 Italy 7.69
9 Illinois (United States) 8.23
10 Canada 9.32
11 Spain 11.41
12 Australia 12.36
13 Netherlands 12.76
14 Switzerland 13.97
15 Pennsylvania (United States) 14.79
16 Sweden 18.4
17 New Jersey (United States) 18.71
18 Connecticut (United States) 19.3
19 Belgium 19.69
20 Michigan (United States) 21.52
21 Japan 21.76
22 Texas (United States) 22.53
23 China 25.72
24 North Carolina (United States) 26.86
25 Missouri (United States) 27.89
26 Maryland (United States) 28.72
27 Virginia (United States) 30.35
28 Israel 30.37
29 Norway 30.6
30 Austria 31.07
31 Minnesota (United States) 32.58
32 Denmark 33.56
33 Indiana (United States) 34.1
34 Georgia (United States) 34.5
35 Wisconsin (United States) 36.35
36 Portugal 36.83
37 Ohio (United States) 37.86
38 Rhode Island (United States) 40.39
39 New Hampshire (United States) 42.13
40 Ireland 42.44
41 New Zealand 43.94
42 Brazil 44.09
43 Greece 45.27
44 Florida (United States) 45.3
45 Turkey 46.22
46 India 46.67
47 Arizona (United States) 47.66
48 Russia 48.43
49 Singapore 48.85
50 Colombia 49.06
51 Chile 49.33
52 Tennessee (United States) 50.02
53 South Korea 51.1
54 Colorado (United States) 53.38
55 Washington (United States) 54.05
56 Hong Kong 54.87
57 Finland 55.83
58 Poland 57.07
59 Romania 57.61
60 Argentina 57.94
61 Czech Republic 60.56
62 Taiwan 62.2
63 South Africa 63.44
64 Iowa (United States) 65.16
65 Utah (United States) 65.75
66 Hungary 67.56
67 Oregon (United States) 67.57
68 South Carolina (United States) 67.99
69 Mexico 68.27
70 Malaysia 68.3
71 United Arab Emirates 69.2
72 Luxembourg 69.32
73 Kentucky (United States) 69.36
74 Alabama (United States) 74.42
75 Peru 76.92
76 Louisiana (United States) 77.12
77 Pakistan 78.49
78 Kansas (United States) 79.56
79 Philippines 80.72
80 Cyprus 81.15
81 Oklahoma (United States) 83.72
82 Hawaii (United States) 83.84
83 Delaware (United States) 85.56
84 Wyoming (United States) 88
85 Thailand 88.28
86 Vermont (United States) 88.95
87 Indonesia 91.26
88 Tunisia 91.91
89 Nebraska (United States) 92.1
90 Maine (United States) 93.19
91 Egypt 93.27
92 West Virginia (United States) 94.52
93 Uruguay 95.37
94 New Mexico (United States) 96.65
95 Nevada (United States) 98.12
96 Slovenia 99.68
97 Arkansas (United States) 99.88
98 Mississippi (United States) 101.02
99 Nigeria 101.95
100 Lebanon 103.45
101 Saudi Arabia 104.65
102 Bulgaria 105.85
103 Viet Nam 106.08
104 Bangladesh 106.35
105 Estonia 107.03
106 Slovakia 108
107 Ghana 108.68
108 North Dakota (United States) 112.4
109 Côte d'Ivoire 114.23
110 Iceland 115.12
111 Montana (United States) 116.13
112 Croatia 116.49
113 Costa Rica 116.51
114 Latvia 117.24
115 Cameroun 117.44
116 Alaska (United States) 117.84
117 Venezuela 118.54
118 Morocco 120.07
119 Iran 121.07
120 Lithuania 121.58
121 Ukraine 122.6
122 Qatar 126.52
123 Bolivia 127.48
124 Réunion 127.5
125 Northern Cyprus 128.14
126 Sri Lanka 129.4
127 Macao 130.58
128 Idaho (United States) 130.67
129 Kazakhstan 131.1
130 Barbados 132.19
131 Ecuador 133.22
132 Ethiopia 133.99
133 Kenya 134.74
134 North Macedonia 137.47
135 Mongolia 138.03
136 Kuwait 139.08
137 Azerbaijan 144.88
138 Fiji 144.89
139 Zambia 145.03
140 Georgia 145.8
141 Uzbekistan 149.49
142 Brunei 149.91
143 Bahrain 150.82
144 Serbia 151.19
144 Uganda 151.19
146 Aruba 151.74
147 Malta 151.76
148 South Dakota (United States) 151.95
149 Congo (Dem. Rep.) 152.58
150 Jamaica 152.96
151 Oman 155.16
152 Algeria 158.35
153 Albania 159.86
154 French Polynesia 160.17
155 Nepal 161.09
156 Aland 161.97
157 Tanzania 162.6
158 Guatemala 163.45
158 Sudan 163.45
160 Mozambique 165.12
161 Liechtenstein 165.5
162 Bosnia and Herzegovina 167.12
163 Martinique 170.1
164 Senegal 170.26
165 Palestinian Authority 171.11
166 Dominican Republic 172.66
167 Burkina Faso 173.82
168 Malawi 174.22
169 Trinidad and Tobago 174.95
170 Bermuda 175.45
171 Greenland 176.26
172 Cambodia 176.8
173 Monaco 177.18
174 Jordan 177.76
175 Belarus 178.26
176 Armenia 179.65
177 Rwanda 180.38
178 Papua New Guinea 185.01
179 Afghanistan 185.22
180 Puerto Rico 186.38
181 Guadeloupe 188.85
182 Botswana 189.03
183 Kosovo 189.25
184 Kyrgyzstan 189.37
185 Sierra Leone 189.57
185 Burundi 189.57
187 Mauritius 191.38
188 New Caledonia 191.77
189 Moldova 192.61
190 Haïti 193.35
191 Montenegro 195.28
192 Lesotho 195.33
193 Togo 196.34
194 Nicaragua 197.74
195 Swaziland 199.27
196 Zimbabwe 199.79
197 Libya 200.56
198 Benin 203.59
199 Niger 204.75
200 Paraguay 204.77
201 Central African Republic 205.89
202 Somalia 207.87
203 San Marino 209.16
204 Madagascar 209.22
205 Iraq 210.06
206 El Salvador 211.21
207 Laos 211.65
208 Guinea-Bissau 212.31
209 Cuba 213.21
210 Guyana 214.8
211 Djibouti 215.27
212 Syria 215.5
213 Tchad 215.53
214 Mali 215.57
215 Suriname 215.6
216 Gambia 216.21
217 Namibia 217.05
218 Comoros 218.34

The data presented here is experimental. It is based on a limited sample of the research output in Economics and Finance. Only material catalogued in RePEc is considered. For any citation based criterion, only works that could be parsed by the CitEc project are considered. For any ranking of people, only those registered with the RePEc Author Service can be taken into account. And for rankings of institutions, only those listed in EDIRC and claimed as affiliation by the respective, registered authors can be measured. Thus, this list is by no means based on a complete sample. You can help making this more comprehensive by encouraging more publications to be listed (instructions) and more authors to register (form). For more details on the various rankings that are available as well for documentation, follow this link.
Credits:

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Source : https://ideas.repec.org/top/top.country.all.html

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